15.05.2011

Stupeur et écoeurement

Stupeur et écœurement, voilà résumé en 2 mots ce que m'inspire l'audience de jeudi à la 4ème chambre correctionnelle.

 

Plainte de la famille jugée irrecevable pour la simple raison que la personne disparue n'a pas entamée d’action en justice de son vivant pour harcèlement.

En conséquence, la famille ne peut s'estimer héritière du préjudice subi par Valérie et ne peut donc déposer plainte à son tour !

On croit rêver !

Au cours des réquisitoires, nous avons assisté à un long déballage de textes juridiques : article 2 du Code Pénal, jurisprudence de l’assemblée plénière de la Cour de cassation, arrêt de la chambre criminelle de la cour de Cassation etc.

Bref, un sacré imbroglio pour les non initiés et les citoyens que nous sommes. Tout ceci de manière totalement impersonnel puisque l’on parlait de « personne disparue » mais qu’il semblait impératif de ne mettre ni un nom, ni un visage, ni une histoire sur cette « personne disparue ».

J’ai eu le désagréable sentiment que le nom de Valérie et la tragédie qui a suivi ne devaient surtout pas être évoqués et qu’il convenait de rester dans l’anonymat le plus complet d’un banal fait divers.

 

J’ai interprété comme un profond mépris de Valérie et de sa famille le fait qu’après son réquisitoire étayé des textes de lois, l’un des avocats puisse oser affirmer, je cite : « la messe est dite ! » et demander que la famille soit condamnée à verser 1€ symbolique de dédommagement aux quatre mis en cause par leur plainte.

 

J’ai repris espoir lors du poignant et vigoureux réquisitoire de l’avocat de la famille, Maître Le Bruchec. Avec humanité et passion, il a démontré le contraire, démontant les uns après les autres les réquisitoires précédents.

 

Lors du délibéré, je m’efforçais à l’optimisme, sûr que la justice de notre pays ne pouvait pas se réfugier uniquement derrière des textes mais que le facteur Humain devait également être pris en compte. Je pensais au tragique suicide du salarié de France-Télécom s’étant immolé à quelques semaines de là et j’étais confiant dans les Hommes et les Femmes représentant notre justice. Je ne voyais pas comment une chambre d’un tribunal correctionnel pouvait ignorer le facteur Humain. Il me semblait inconcevable que ces Hommes et ces Femmes ne puisse profiter de cette occasion pour lancer un message fort aux lâches auteurs de harcèlement sur personne vulnérable au travail…

 

Malheureusement, je me suis trompé et la douche écossaise a été terrible lorsque nous avons entendu l’irrecevabilité de la plainte !...

Il convient de se tourner vers une autre juridiction civile, le tribunal correctionnel ne pouvant être compétent…

 

Enfin, dans un autre registre mais comme la langue de bois n’est pas mon habitude, que dire et que penser de l’attitude de certains proches, très proches de Valérie ayant lâchement abandonné au tout début le combat mené depuis 2008 par les parents et la sœur de Valérie ?...

 

Ce soir, au pays des droits de l’Homme, les notions de Liberté, Egalité, Fraternité ont pour moi un goût bien amer.

Mais, fort de mon bon droit et fier de pouvoir marcher la tête haute, contrairement à d’autres qui ne le peuvent plus, c’est au nom de la liberté d’expression chère à notre pays que j’écris et signe ce soir ces quelques lignes.

 

Olivier DEBELLEIX

14.05.2011

PLAINTE IRRECEVABLE !!!

En attendant la réaction de la famille, nous vous invitons à prendre connaissance de l'article du journal Sud-Ouest daté du 13 mai 2011, suite à l'audition du jeudi 12 mai :

http://www.sudouest.fr/2011/05/13/la-plainte-des-proches-...

05.05.2011

Audience du 12 mai 2011

La famille vous informe que l'audience aura lieu le jeudi 12 mai 2011 à 14h00 au Tribunal Correctionnel de Bordeaux, Palais de Justice, 30 rue des Frères Bonie à Bordeaux (33000).

Elle remercie les personnes qui pourront s'y associer pour le respect de la mémoire de Valérie.